Un locataire

L'ours est un écrivain comme les autres
Jusqu'à devenir...

O.L.N.I.

Attention : OLNI ! Objet Littéraire Non Identifiable ! N’essayez pas de le classer dans un genre quel qu’il soit, il risque fort de s’en échapper !

un-locataireScandinavie oblige, le trio auquel se réduit le récit peut évoquer certains films d’Ingmar Bergman, mais il s’agirait alors d’un Bergman revisité par Kafka et Beckett avec une certaine dose d’humour en plus. On est un peu dérouté au démarrage de se récit ou la narratrice, “elle”, se retrouve dans l’impossibilité de refuser un locataire qui vient s’installer chez elle, sans dire un seul mot mais en prenant immédiatement ses aises et en réaménageant l’appartement. Un locataire qui n’a pas de nom lui non plus. Juste le “locataire”. Le seul qui a un nom dans ce récit, c’est le mari, Pétur, qui semble bien distant et réservé, ou peut-être indifférent à la situation. Le couple doit quitter prochainement ce logement – où eux aussi sont locataires – pour une maison dont la construction a pris un retard indécent. Un retard qui fait tâche et qui en devient presque honteux. Grace au locataire et à sa valise, les choses vont évoluer et petit à petit s’installe un étrange ménage à trois. Un ménage étrange. Très étrange. Plus cela avance, plus cela dérape vers un fantastique qui pourrait rejoindre celui de la Métamorphose de Kafka. Sauf qu’ici, à la fin, tout semble sur le point de recommencer…

Boom économique, condition de la femme-ménagère, conformisme, obsession du confort et de la sécurité… Nous sommes dans les années 60 et toutes ces questions sont ironiquement soumises aux rayons X d’un fantastique hyper-réaliste qui peut dérouter et nous laisse finalement un rien perplexe, mais aussi amusés et un peu mal à l’aise. Très étrange !

La nouvelle qui complète le volume est plus transparente et conjugue avec un humour féroce féminisme, fantastique et humour noir. Un petit bijou qui peut nous faire éclater de rire et où l’on entend la militante féministe que fut l’auteure.

On peut aussi trouver La Saga de Gunnlöd, chez José Corti.

Il faut quand même préciser pour finir que nous devons cette découverte au beau travail d’un nouveau venu dans nos librairies préférées, les éditions Tusitala. Merci et bonne route à eux !

Svava JAKOBSDOTTIR – Un Locataire (1969) suivi de Histoire pour enfant – traduit de l’islandais par Catherine Eyjolfsson – Editions Tusitala, 2013

Sur le site de l’éditeur

Plus de détail sur l’auteur (site islandais mais pages en anglais)

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