Iain Levison

Mais qui a tué Harry ?
La Société des vagabonds

Wet Eye Glasses Connaissez-vous Iain Levison ? Non ? Si vous aimez les films des frères Coen, vous devriez apprécier. Voilà déjà 5 romans publiés chez Liana Levi et on attend avec une certaine impatience les suivants. Originaire d’Ecosse, Iain Levison a atterri un jour aux USA où il a fait des études de lettres et où, malgré son beau et coûteux diplôme, il a surtout connu de sacrées galères. Petits boulots et boulots de galériens ont été son quotidien pendant quelques temps et ont fini par être la matière de son premier bouquin, “Tribulations d’un précaire” (“A Working Stiff’s Manifesto”) où il se compare lui-même à un moderne Tom Joad (le personnage “Les raisins de la colère” de Steinbeck, joué par Henri Fonda dans le film de Ford), avec l’humour en plus. On peut aussi y trouver des résonances avec d’autres voix de là-bas (Richard Brautigan, Sam Shepard…) 

Wet Eye GlassesWet Eye GlassesLe succès de ce premier récit lui a permis de passer à la littérature au travers de polars à la fois sociaux et réalistes, bourrés d’humour comme de grandes question sociales sans pour autant se faire donneur de leçons. Dans “Un petit boulot”, Jake, en galère dans une ville abandonnée depuis longtemps par la croissance et le rêve américain en vient à accepter un drôle de boulot, pas pire qu’un autre : tueur à gage d’occasion ! C’est une rencontre improbable entre un universitaire et un braqueur en cavale dans une petite ville tranquillement endormie que raconte “Une canaille et demie”.

Wet Eye Glasses Wet Eye GlassesMaladresse et poisse collent à la peau des personnages de “Trois hommes, deux chiens et une langouste”, même si certains, sans trop savoir comment et pourquoi, finissent par tirer leur épingle du jeu. Dans “Arrêtez-moi là !”, c’est la folie d’une erreur judiciaire qui est racontée, inspirée d’un fait divers réel. C’est sans doute dans ses deux dernier titres que l’on est le plus proche de l’univers des frères Coen (celui de The Big Lebowsky, de O’ Brother ou de The Barber…) La galère on vous dit. De galère en galère, sans complètement désespérer et sans se faire d’illusion, on survit comme on peut. Des fois, ça marche et on s’en sort. Des fois, c’est nettement moins réussi…

Pas d’illusions sur la réalité sociale de l’Amérique, et peu importe qu’elle soit celle de Bush ou d’Obama, c’est la même galère pour les paumés et les “déclassés”, les oubliés de la croissance et du reste.

Des romans qui se dévore et qui font rire. Un rire parfois peut-être un peu jaune, car ce qu’ils racontent et mettent en scène, sans artifice ni misérabilisme, n’est certainement pas le privilège de l’Amérique. Voir sur le site des éditions Liana Levi

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