Collioure, village littéraire

Nous sommes
Les insatiables

Non, Collioure n’est pas une invention littéraire… Mais aurait pu l’être, posé entre mer et montagne, à la fois lieu refuge et lieu prison au fil de l’histoire. Depuis quatre années Collioure navigue et nous fait naviguer d’une mer à l’autre, d’une rive à l’autre, de page en page et de littérature en littérature en passant par la bande dessinée, les récits de mer, le roman noir, le voyage, la résistance… Collioure, port engagé en littérature, avec à la barre un agriculteur, catalan et écrivain (et aussi motard) : Gildas Girodeau1Sans oublier Sophie Savary, l’infatigable attachée de presse du Festival… les libraires et tous les bénévoles..

Si l’on vous dit qu’il n’y a pas de marée en Méditerranée, dites vous bien que l’on vous raconte des histoires. Il y en a bien. Certes pas comparable à celle d’autres mers ou océans, mais il y en a. En outre, chaque fin d’été, à la veille des grandes marées d’équinoxe océaniques, c’est un flot de livre qu’une marée littéraire de grande amplitude vient déposer sur la place du marché (ou du Gal Leclerc). Une sorte de Mascaret littéraire qui remonte le long des côtes méditerranéenne et nous fait découvrir chaque fois de nouvelles voix. De nouvelles voies aussi, pour nos lectures et notre compréhension du monde.

Après des “Paroles de suédois”, après “la Méditerranée au féminin”, ce sera “l’Europe des écrivains”. Une Europe qui s’ouvrira ce premier week-end de septembre aux Balkans, à l’Allemagne, à la Catalogne du sud et aux Pays-Bas.

Vous pourrez découvrir toute la pudeur, l’humour et la finesse de Gazmend Kappllani, écrivain albanais de langue grecque, ou écrivain grec d’origine albanaise, aujourd’hui installé dans la partie la plus européenne des Etats-Unis (Boston, Mass.). Vous pourrez aussi échanger avec Gila Lustiger qui sait interroger avec lucidité, sans pathos inutile et en déjouant les postures/impostures et les illusions que font peser l’histoire de la Shoah et d’Israël sur l’Europe du XXIe siècle, mais aussi sur les mensonges, les secrets, les simulacres que les puissances du capital peuvent imposer aux hommes et aux femmes depuis des décennies. Journaliste pour RFI et la ZDF, héritière d’une histoire qu’elle n’a pas choisie mais assume, Gila Lustiger sait de quoi elle parle et ne cherche pas le consensus mou. Aro Sáinz de la Maza, pour sa part, vous fera découvrir les coulisses de Barcelone, la ville dont l’histoire ne cesse de s’écrire, saisie par la folie d’un tourisme débridé et par une course sans fin au profit, là comme ailleurs. Sur les pas de l’inspecteur Milo Malart, il nous révèle les vraies couleurs de la ville, le feu et le froid qui se cache derrière les ors, les violences et blessures sur lesquelles ont poussé les architectures fantasques et les grands projets. La ville devient sous ses pas un monstre ou une chimère jaillie d’un conte effrayant et cruellement vivant. Vous pourrez aussi vous plongez dans le monde du silence en vous laissant guider par Steven Weinberg, spécialiste du monde sous-marin, plongeur, biologiste, photographe, voyageur et pédagogue. Plus de cinquante années passées sur les traces du capitaine Nemo et du commandant Cousteau lui ont permis de découvrir bien des merveilles qu’il aime à partager. Si vous craignez l’eau et les profondeurs, vous pourrez lui demander de vous parler de ses voyages dans des voitures anciennes à travers l’Europe. Sinon, vous aurez aussi la possibilité de vous immerger dans les “albums” de Laureline Mattiussi qui n’a pas pour habitude de donner dans la bande dessinée “classique”, imposant un trait et un sens du récit et du rythme qui ne laissent pas indifférent. Un univers bien à elle, qui s’approprie le monde avec une insolence et un plaisir manifeste, oscillant entre réalisme brut et imaginaire débridé.

Si vous n’en avez pas encore assez, une quarantaine d’autres auteurs seront aussi prêts à vous parler de leur travail, à le partager avec vous en compagnie de leurs éditeurs.

Pour finir, si vous trouvez que la lecture est un activité trop sédentaire, il vous faudra participez à la randonnée littéraire du dimanche matin, sur les pas du dessinateur Reiser, du romancier Patrick O’Brian et du poète Antonio Machado qui tous trois se sont un jour réfugiés à Collioure. Et ne cherchez pas où est le chemin mais marchez plutôt : caminante, no hay camino / se hace camino al andar (“marcheur, il n’y a pas de chemin / le chemin se fait en marchant” – Antonio Machado). Lire est peut-être une autre façon de marcher et de faire son chemin. De faire un chemin. La lecture comme marche et la marche comme lecture… Collioure vous offre aussi cette expérience.

Précisons une dernière chose. La magie du festival de Collioure, c’est non seulement le site et le port ouvert sur la Méditerranée, mais d’abord une atmosphère, une dimension et un rythme qui le rendent bien plus précieux que bien d’autres salons littéraires ou foires du livre, car à Collioure, on peut vraiment prendre le temps d’échanger et de se rencontrer.

Vous êtes donc attendus en pays catalan, dans la lumière méditerranéenne de fin d’été les 1er, 2 et 3 septembre prochain. Ne manquez pas ce rendez-vous ! Pour le programme détaillé, c’est par ici.

Voir aussi la page fb.

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